Winterheim T.1
Le fils des ténèbres
dans le cadre du challenge :
Introduction
Tout d'abord, il faut savoir que Winterheim, c'est 3 romans de petite taille (250 pages chacun) :
- Le fils des ténèbres (celui ci) : 1999
- La saison des conquêtes : 1999
- La fonte des rêves : 2003
Les deux premiers ont d'abord été édités chez Mnémos avant d'apparaitre chez J'ai lu, où le troisième petit frère a fini par naître. 4 ans d'attente pour clore la série, cela signifie que c'était soi ennuyeux à écrire, soi beaucoup de travail pour rédiger quelque chose de génial. We'll see that.
Notons aussi qu'en 99, la longue bibliographie de Fabrice Colin n'en est qu'à ses balbutiements. La question qu'on peu se poser est la suivante : "A quel genre d'auteur Colin appartient-il ? le genre d'auteur qui créé un chef d'oeuvre à ses débuts et tente de faire presque aussi bien pendant toute sa carrière ? le genre d'auteur qui affine sa plume avec le temps et l'expérience pour publier des romans de mieux en mieux ?"
Intrigue
La quatrième de couverture (résultat : je ne sais toujours pas si c'est féminin ou masculin) est comme je le dis tout le temps comparable à une dissertation de philosophie : soi elle en dit trop, soi elle en dit pas assez, soi elle le dit mal. En ce qui concerne Le fils des ténèbres, c'est un peu des trois. Les résumés que vous trouverez sur internet ne donne pas une belle image de l'histoire.
Si je devais vous raconter simplement cette histoire sans en dire trop, sans omettre le plus important, et sans faire de contre-sens, je dirais : "C'est l'histoire de Midgard, le monde des hommes parsemé de hautes montagnes, parcouru par de grands fleuves verdoyants et recouvert par un épais manteau de forêt mystérieuse. Les dieux se sont retirés en Asgard (royaumes des dieux selon la mythologie nordique) depuis longtemps, en laissant juste aux déesses de la Nuit, de la Mort, de la Peur et des Songes le droit de surveiller les affaires des mortels. Seulement, certains dieux jaloux commencent à l'avoir mauvaises, et ils sont bien décidés à reprendre le pouvoir sur Midgard, et qu'importe si tous doivent finir en enfer ( vous l'aurez compris, l'enfer c'est le Winterheim). Dans tout ce merdier, un jeune garçon prénommé Janes se retrouve tragiquement mêlé à tout cela sans le vouloir. Les malheurs qu'il va traverser feront de cet adolescent impétueux un guerrier amoureux au rôle central dans cette histoire."
Ouais ... remarquez, je sais pas si c'est vraiment plus clair quand c'est moi qui raconte ... ^^

Intransigeance
Je commence par être méchant car il y a une chose que je n'aime pas dans la fantasy et qu'on retrouve très souvent, c'est le Cliché. Or, il y a ici un château maudit, des terribles squelettes, des pillards sanguinaires. Rien que les imprononçables noms propres me donnent la nausée : Nartchreck, darkwald, walroek, aasb-erden, les archipels de brume, les crêtes de sang, les monts pétrifiés ... C'est agréable d'avoir une jolie carte qui explique la géographie du monde en question, mais là ... c'est vraiment pénible. Et vas-y que je te rajoute du "W", du "K" et un petit "Y", ça rendra ton prénom encore plus classe et éxotique ! Sauf qu'à ma connaissance, personne n'aimerait s'appeler "Kzaar Asraan de Walroeck". C'est une critique qui est bonne pour la plupart des auteurs de Fantasy, et Fabrice Colin ne peut imputer cette caractéristique à son inspiration scandinave.
Un autre point sur lequel on peut s'attarder, c'est répéter le sempiternel couplet du jeune adolescent pauvre, anodin mais rêveur qui part à l'aventure dans un château pour découvrir un fabuleux trésor ainsi qu'un puissant artefact avant de découvrir qu'il a une destinée hors du commun. Le roman d'apprentissage dans un univers de jeu de rôle, c'est pas une nouveauté non plus. Et laissez moi vous dire que lorsqu'on est jeune, pauvre et campagnard, on préfère batifoler dans les foins avec Frénégonde plutôt que sauver le monde !

Intronisation
Je mets désormais ma méchanceté en mode OFF et il faut maintenant rendre à Colin ce qui est à Colin : "Quae sunt Colinis, Colini" ! Alors pour commencer, malgré ma critique sur le déjà-vu de l'adolescent, le roman n'a rien d'une niaiserie gentillette : C'est un roman très sombre avec un univers très noir dans une ambiance lugubre, froide et nocturne. Le titre "Winterheim" prend alors tout son sens, celui de l'hiver froid et rigoureux.
En ce qui concerne l'univers, je l'ai déjà évoqué : Fabrice Colin s'inspire fortement de la mythologie Scandinave, il l'arrange à sa sauce et la met en scène dans un monde clos, un monde féérique ou mortels et dieux se parlent. Il faut alors dire que les annexes du livres sont utiles et enrichissantes : une carte, une liste explicative de certains personnages, et deux lettres manuscrites. On peut donc dire que malgré les dangers dans lesquels Fabrice Colin s'est lancé, le roman est intéressant, complexe et sombre.
Enfin, il faut dire que le fond n'aurait été d'aucune utilité sans formes adéquates. Et de la forme, le roman en a car, décidément, Fabrice Colin a du style. Le genre de style qui fait qu'on aime les combats autant que les descriptions de forets. C'est le genre d'auteur à rendre un paysage essentiel sans être ennuyeux. Il confirme son style avec romantisme et lyrisme. Plus que du lyrisme, l'histoire est carrément un opéra tragique ; et d'ailleurs, l'histoire est divisée en "mouvements", comme dans un opéra. Le romantisme quant à lui est dans chaque phrase, chaque suite de mot de Fabrice. Ce type a une sensibilité qui déborde, surtout au moment magique où le héros Janes rencontre la femme de sa vie : sur une quinzaine de page, Colin joue avec la structure du livre et écrit sur les pages de gauches les sentiments de Janes à la première personne, sur la page de droite les sentiments de sa bien aimée à la premièree personne. Un romantisme si fort et contrasté qu'il en devient presque gothique... ouh ! je crois que je me suis laissé déborder par mes émotions ! Mais ce livre a vraiment éveiller mes sensibilités (un peu comme quand je regarde un film de Burton ou de Miyazaki), et c'est ma manière à moi de le remercier.

La pose
Conclusion
Histoire : 4/10
Imagination : 7/10
Style : 9/10
Point faible : Un scénario tout d'abord cliché, ce qui ne donne pas forcément envie de se lancer dans sa lecture pourtant tout à fait originale.
Point fort : Un style superbe, une ambiance vraiment bien travaillée, une sensibilité qui rattrapent toutes les erreurs évoquées ci-dessus.
Note globale : 6/10
A qui le recommander : à ceux qui veulent retrouver la fantasy qu'on ressent dans nos rêves les plus sombres et les plus mystiques
Commentaire : J'attends beaucoup des deux prochains romans, car j'ai l'impression que le premier épisode n'était que l'introduction de ceux-ci. Après un bref petit intermède, je vais reprendre cette série.

Voilà une critique qui me donnerait presque envie de laisser tomber mes chers space-opera un moment...
RépondreSupprimerJ'attendrai de voir si tu nous dis que la série vaut le coup pour me décider à passer le pas. Sachant que j'ai tendance à lire les séries toutes entières, sauf lorsque c'est trop mauvais, je préfère avoir un avis avant de me lancer là-dedans vu que je ne suis pas plus fantasy que ça :)...
Je pense que j'aurais lu les 2 autres romans pendant le mois de Juin. Tu as bien raison de ne pas te lancer dans de longues saga sans savoir si l'ensemble des épisodes se valent.
RépondreSupprimerPour la musique, il y a le danger du fameux "deuxième album", celui que les groupes à succès ratent assez fréquemment. Pour les écrivains, c'est plus complexe. Je dirais même qu'il faut souvent forcer un peu la lecture pour trouver plus loin le véritable intérêt d'une saga
Ahlàlà, le nombre de livres de Fabrice Colin que je voudrais lire...
RépondreSupprimer(à propos, je serais très interressée par un swap steampunk, c'est un genre qui me plait beaucoup et que je cherche à mieux explorer! ça serait une chouette initiative)
On fera ça d'ici quelques mois ! si tu as des idées particulières pour le Swap, n'hésite pas à m'en faire part !
RépondreSupprimerTant mieux, je serai peut-être moins débordée à ce moment-là ^^
RépondreSupprimerPour le swap, c'est prévu de trouver ou créer un objet steampunk (ancien chiné et/ou futuriste) ? Y'aurait de quoi faire, je pense!
C'est ouvert à la discussion : bricolage, trouvaille, vieille décoration de grenier, dessin, petite histoire écrite personnellement ... toutes les idées sont bonnes à prendre !
RépondreSupprimerMais je ne sais pas trop comment m'y prendre ... doit on fixer un prix min/max ?
oh voui, que des bonnes idées!
RépondreSupprimerpar contre ouais une fourchette de budget c'est pas mal pour éviter les déséquilibres. Ou alors instaurer un système avec un minimum et un maximum et un entre-deux modulable (ça fait moins peur qu'une évaluation du budget lol), par exemple: 1 ou 2 objets chinés/de grenier, 1 créa perso dessin OU texte, 1 bricolage ou 2° objet acheté pour les pas-doués... (et évidemment des livres! soit juste steampunk,ou alors 1 ou 2 steampunk + 1 d'aspect classique/historique + 1 d'aspect SF/fantasy, pour décomposer le genre)
J'aime pas trop les points en général, mais là, le fait que cela soit séparé en différents aspects le rend intéressant! Bravo!
RépondreSupprimerEt cela me donne envie comme livre. Pour le jour où j'ai envie d'un bon vieux roman de fantasy initiatique!
Alors ça c'est du billet ! Je suis en train de lire un titre de Feist et pour l'instant, je me régale.
RépondreSupprimer@ Tortoise : super, je ctrl+C/ctrl+v ton message sur le forum steampunk !
RépondreSupprimer@ Julien : Attends voir si les deux prochains opus valent le coup. Peut être que le pari de Colin a été perdu dés le deuxième roman... We'll see.
@ Theoma : Merci beaucoup ! Je me donne du mal, mais je trouve que la toile ne manque pas de lecteurs mais manque de véritable critiques. Je peux aimer un livre mais en dire beaucoup de mal. Et inversement.
et moi je vais aller voir ce forum, je devrais pas, je suis déjà trop éparpillée et inscrite à trop de trucs, mais ça m'allèche trop ^^
RépondreSupprimernavré de te tenter !
RépondreSupprimerJ'ai lu cette trilogie il y a déjà pas mal de temps et je sais que j'avais été un peu déçue. Il me semble que les tomes suivants baissent en qualité mais je n'en ai pas un souvenir précis! Je reviendrais lire ce que tu en as pensé! ;)
RépondreSupprimerdans tous les cas, même si c'est pas génial, je ne pers pas mon temps
RépondreSupprimerJ'attends la suite, mais ça m'a l'air sympathique en tout cas!
RépondreSupprimerJ'ai trouvé le premier tome de ce livre chez un bouquiniste cet aprèm, mais comme je n'en avais jamais entendu parlé, j'ai préféré être prudente et ne pas le prendre.
RépondreSupprimerDu coup, en faisant des petites recherches, je tombe sur ton avis. Et avec ce que j'ai lu, même si ton article sur le tome 1 est plutot positif, je sens que je vais laisser passer cette trilogie, car tes articles sur les deux autres tomes (que j'ai simplement survolés) ne sont pas si positifs que ça.
Et en voyant ce que Phooka dit plus haut, je crois que je vais passer mon chemin ^^ Je préfère découvrir d'autres romans de Colin avant celui ci.
Tu as peut être raison ... Il est vrai que la trilogie perd de sa splendeur avec le temps, même si le talent est toujours de la partie. ça perd en intérêt.
RépondreSupprimerAprès coup, c'est vrai que cette trilogie est passable. Mais ça veut dire qu'il faut découvrir autre chose de Colin à la place !