Trêve de bavarderisation :
Introduction : Voici mon premier ouvrage de Roland C Wagner, un auteur dont j'ai entendu beaucoup de choses par les blogueurs calés en SF. Ce que j'en ai retenu, c'est qu'il s'agit d'un mec plutôt vachement déluré. Alors rien de mieux que cette novella pour me faire un avis. Je remercie d'ailleurs Faelys qui me l'avait envoyé lors du Steamswap organisé par Laloula cet hivers.Intrigue : Nous sommes en 1890 aux états unis. Ambiance Far West s'il vous plait ! Sauf que tout ne se passe pas bien pour les Yankees qui s'approchent trop des territoires des "natives". Effectivement, les indiens ne se laissent pas faire, et leur meilleure arme, c'est leurs alliés : des martiens !
Les cowboys auraient tôt fait d'être ratatinés par ces êtres à la technologie supérieure s'il n'étaient pas eux même protégés par des vénusiens, des saloperies tout aussi extraterrestres mais dans l'autre camp que les martiens. Dans un contexte aussi étrange, beaucoup de questions planent : Le Chasseur de Prime Kit Carson et le Professeur Lévêque vont mener l'enquête.
Intronisation : Cette novella se lit très rapidement, et avec un grand plaisir. L'univers n'est pas bien difficile à assimiler puisqu'il reprend tous les codes du western que nous connaissons si bien. Le point fort de ce roman, c'est vraiment de faire des réfèrences et apparitions de personnages de fiction et de la réalité qui sont associés à cette époque et à cet environnement : On citera Jesse James, les Daltons (on apprend d'ailleurs la raison de la satiété maladive d'Avrell ^^) ou encore une Calamity Janes pas contente. Bref, cette histoire a été pour R.C.Wagner un véritable exercice de style où il a pu caser tout plein de personnages et sujets qui renvoient à notre propre culture. Mais le véritable moteur de tout cela, c'est plus qu'une réfèrence : c'est que Wagner a voulu apporter un supplément à l'oeuvre de Lovecraft. Le mythe de Cthulhu est ici revisité même s'il n'est pas clairement annoncé ainsi. On retrouve surtout la présence du fameux Necromicon, le livre maudit d'Abdul Alhazred. ça sera pour moi l'occasion de chroniquer prochainement un bouquin de Lovecraft (que je n'avais jamais eu l'occasion de lire avant) car cette novella m'a fait comprendre à quel point je ne pouvait plus me permettre de faire l'impasse sur cet auteur et son oeuvre. En gros, c'est comme quand un roman de steampunk qui met le capitaine nemo en scène me donne envie de redécouvrir Jules Vernes !Intransigeance : Bien évidemment, je dois énumérer quelques bémols : Une histoire qui va très vite et dont la conclusion n'est pas vraiment satisfaisante, des personnages principaux auxquels on s'attache peu, tandis que les personnages secondaires ont tendance à nous attirer vu qu'on en connait déjà certains, un côté déluré qui ne rend pas pour autant très comique le tout : jamais on ne se bidonne vraiment. Enfin, je dois dire en totale subjectivité que les extraterrestres et autres démons sont pas trop mon truc. C'était bien pour une novella mais je n'aurais pas voulu le lire en roman de 300 pages.
Et comme ceci a été lu dans le cadre du défi steampunk ...
Cet ouvrage pourrait être qualifié de "Werdwest". Ce qui signifie littéralement "Western bargeot". C'est à dire qu'il y a l'élément Steam (l'époque du western bien connu et plein de références fictives et historiques) qui vient se mélanger et se contraster avec le Punk (la présence de martiens,vénusiens, et autres démons et technologies improbables). Le tout nous donne une sorte de paradoxe tout à fait amusant. Le Werdwest n'est peut être pas le style de Steampunk que je préfère (j'ai un peu du mal à imaginer le steampunk ailleurs que dans le vieux continent) mais au moins je sais dorénavant à quoi m'en tenir.C'est pourquoi cette novella a été comme je l'ai dit un exercice de style pour une première écriture steampunk dans lequel l'auteur a pu tout caser : des références, des machines, des discussions très typées... bref, de quoi en mettre un maximum sur très peu de pages.
Et si certains doutent encore de l'appartenance de ce roman au steampunk, voici un extrait qui leur fera fermer leurs sales gueules de négationnistes (^^) :
" Le professeur Lévêque levait les yeux vers l'aeronef qui flottait à une dizaine de mètres au sol. C'était un cylindre oblong, de la taille d'un transatlantique (gigantisme), dont la coque était constituée de plaques cuivrées de vingt pieds de côté, fixées à quelque armature intérieure par des rangées de gros rivets à tête hémisphérique. Les ailerons de métal dentelés qui couraient le long du fuselage, soulignant de leurs crêtes acérées les alignements de hublots triangulaires, suscitaient une impression d'agressivité larvée (esthétique industrielle). Le savant français remarqua tout de suite la ressemblance de cet appareil avec le Nautilus (référence fictive) tel qu'il apparaissait sur les illustrations de l'édition originale de Vingt mille lieues sous les mers (référence littéraire), et il songea qu'il aurait préféré l'un des incroyables engins volants que dessinait un autre de ses imaginatifs compatriotes, un nommé Robida (référence historique)."
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RépondreSupprimerJ'avais bien aimé celui là alors que les westerns c'est pas trop ma tasse de thé !
RépondreSupprimerEn fait j'ai eu peur que tu trouves mon commentaire prétentieux....
RépondreSupprimerJe te disais qu'il fallait te lancer quand on est passionné comme toi! Si tu regardes mon parcours tu peux te rendre compte que c'est faisable! Je suis passée de l'histoire à la gestion du patrimoine, du patrimoine aux relations internationales et je vais me lancer dans l'édition maintenant (même si j'ai fait/je fais plusieurs trucs en même temps). Donc lance toi!
Et j'ajoutais que je devais m'inscrire au challenge parce que je suis absolument fan du Steampunk. ^^
en espérant que cela t'aide.
Perséphone
Merci pour ton commentaire : il n'est pas prétentieux, mais au contraire très utile.
RépondreSupprimerLe problème quant on fait des études et que l'on est un peu trop rêveur, c'est que toutes les personnes qui nous entourent ne comprennent pas bien. résultat, c'est nous qui ne comprenons plus ce qu'on fait ici.
J'y réfléchirai ... mais je dois d'abord terminer ce diplome.
"Le problème quant on fait des études et que l'on est un peu trop rêveur, c'est que toutes les personnes qui nous entourent ne comprennent pas bien. résultat, c'est nous qui ne comprenons plus ce qu'on fait ici."
RépondreSupprimerCrois moi, je comprends TRES bien ce que tu veux dire. Bon courage pour le M2 alors ^^
Programme : M2, puis un an à l'étranger pour valider une licence d'histoire.
RépondreSupprimerEnsuite, advienne ce que pourra. Ce que je pourrai
Sinon je m'étais bien marré en M2 biologie et production végétale. Okay je sors :D
RépondreSupprimerA mon époque (oui je vais faire grand mère sur le coup xD) cela s'appelait DESS !
RépondreSupprimerEn tout cas courage pour la fin de tes études ^^
Et en attendant, j'aime beaucoup ton explication sur les références steampunk de ce livre, c'est très intéressant :)
c'est un de mes auteurs français préférés (toujours pas vu en salon, snif), il a un je-ne-sais-quoi qui fait que même si ce n'est jamais du chef-d'oeuvre, on reste accroché jusqu'au bout et on apprécie presque malgré soi.
RépondreSupprimerSes Futurs mystères de Paris sont vraiment une série à lire...
Et cette novella est dans ma PAL et j'ai trop hâte de la liquider ^^
La série m'avait interpellé de par son titre (moi qui adule le roman-feuilleton) mais le synopsis avait tendance à me faire dire "bof" ... je suivrai tes conseils et je prendrai le premier si je le trouve un de ces jours
RépondreSupprimerJe ne connaissais pas cet auteur mais quoi qu'il en soit, je suis ravi de te revoir parmi nous ;)
RépondreSupprimerMerci pour la classification, je me demandais justement quel genre de steampunk ce pouvait bien être.
RépondreSupprimerça n'est qu'une tentative de classification. Plutôt que de mettre une étiquette, disons qu'il s'agit de "codes"
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