Première partie du dossier [1/2]
Voici Les Duellistes, le premier film de Ridley Scott. Nous sommes en 77, 2 ans avant Alien, et le réalisateur Britannique se lance dans l'adaptation d'une nouvelle de Joseph Conrad (connu ni d’Ève ni d'Adam) mettant en scène 2 militaires napoléoniens se disputant pendant une quinzaine d'année au cours de nombreux duels (à chaque fois avec des armes différentes) pour des raisons qui échappent même aux deux hommes. L'un va chercher à échapper tant que possible à ces combats, l'autres va le poursuivre par pure obsession jusqu'à la campagne de Russie. Les nombreux paysages et somptueuses vues mélancoliques nous rappelle sans hésiter Barry Lyndon de Kubrick (dont Tigger Lily nous parlait récemment), sorti 2 ans auparavant. Le rapport entre les deux hommes passe de la haine à l'obsession et de l'obsession au besoin. Harvey Keitel y est magistral, surtout à la fin pendant la restauration, lorsque les deux hommes se combattent une toute dernière fois. La musique qui accompagne les images rend la scène finale encore plus bouleversante. Pour preuve :
Nous voilà arrivé dans les années 1830 avec le Hussard sous les toits (là encore l'adaptation d'un roman), un très sympathique film français qui raconte le périple d'un jeune homme italien, un capitaine carbonnari qui traverse une région dévastée par le choléra. Il a la facheuse tendance à être le seul à réchapper à ce fléau. Il sera poursuivi par des cavaliers, des villageois, rencontrera une jolie dame qu'il escortera, s'enfuira (sur les toits comme indique déjà le titre) et se battra au sabre. Un film agréable et sans prétention qui a le mérite d'être un des seuls films de cape et d'épée à se passer au XIXème siècle, pendant la monarchie de Juillet. Notons que c'est encore un film de Rappeaneau (souvenez vous quand je vous parlais de Cyrano de Bergerac)
Germinal, l'adaptation de Zola. Faut-il vraiment en parler ? Depuis 20 ans, tout le monde connait ce film. Sans entrer dans le misérabilisme de Victor Hugo, ce film à la fois naturaliste et romancé nous montre la vie des mineurs du nord de la France, leurs souffrances et les injustices sociales qui en découlent. Un des seuls films où le chanteur Renaud a joué, et il ne s'en est pas trop mal tiré auprès de Depardieu. C'est un film que tout citoyen français devrait voir s'il n'a pas lu le livre : c'est fondamental pour un français de connaître notre passé révolutionnaire, celui qui fait que notre république est celle des lumières mais aussi de la base ouvrière. Must see
Bienvenue au XXème siècle, quoi de mieux pour commencer une nouvelle ère que de traiter des horreurs de la guerre ? Ici, on sort du cliché de l'horreur des tranchés puisque le héros de La chambre des officiers est fauché par un obus avant même que les armées allemandes et françaises ne se soient directement confrontées. Nous nous retrouvons dans un hopital pour gueules cassées où des hommes vont lentement réapprendre à découvrir leurs nouveaux visages et tenter de se faire accepter. Beaucoup d'émotions grâce à un casting très efficace. Le thème des gueules cassées est très interessant en histoire car des êtres humains ont été vecteurs de la mémoire nationale pendant des décennies. Ma grand mère me raconte encore comment elle changeait de trottoir quand elle rencontrait dans la rue un de ces soldats dont le visage lui rappelait comment la guerre avait pu détruire l'humanité.
Joyeux Noël, un film familial sur la première guerre mondiale (encore) qui se passe en 1914, aux tous débuts lorsque les armées françaises, anglaises et allemandes vont faire une trêve le soir de Noël pour tous ensemble célebrer et cesser de s'entretuer. Une partie de foot et une messe qui ont véritablement eu lieu mais dont l'histoire avait longtemps été étouffée. Ce film n'est pas grandiose, rien de plus qu'un film sentimental à regarder sur France3 mais c'est une histoire qu'il faut connaître. Et heureusement, les acteurs sont bons.
Un long dimanche de Fiançailles. Un film de Jean-Pierre Jeunet qui porte toujours aussi bien sa griffe artistique : la couleur. Ici, Audrey Tautou joue une jeune fille de 1920 qui tente tant bien que mal de savoir ce qui est arrivé dans les tranchés à son fiancés Manek. Mais il est bien difficile de redécouvrir l'histoire quand tout le monde cherche à oublier les horreurs de la grande guerre. Pourtant, elle va retracer les lignes de la vérité, peu à peu, par le biais de petites histoires, de rumeurs de tranchées, etc. Un beau film dont les scènes de guerre sont incroyablement réalistes.
Des films sur la seconde guerre mondiale, il y en a légion. Mais il y en a moins qui soient français, et encore moins qui montre la grande déroute française face à l’Allemagne pendant l'été 1940. Après une drôle de guerre, la guerre éclair déroute les dirigeants français qui fuient Paris pour se rendre provisoirement à Bordeaux (nous sommes quelques semaines avant Vichy).Nous suivons plusieurs personnages dans ce Road Movie assez particulier avec deux ressortissants de prison, une comédienne opportuniste, un ministre carriériste, un scientifique et son assistante qui tente de faire partir de l'eau lourde en Angleterre. Un bon film où l'on ne s'ennuie pas une seconde et où l'on voit la France disparaître dans la précipitation. Encore un bon film de Jean-Paul Rappeneau.La resistance. Tout le monde connait bien ça, on la voit dans tous les téléfilms de France3 depuis des années. Ici, le film l'Armée du Crime ne manque pas d’intérêt puisqu'elle nous raconte l'histoire des étrangers qui ont défendu la France dans la plus grande clandestinité. Tout le monde connait le fameux Manouchian (brillamment interprété par Simon Abkarian), et c'est pour moi un symbole des valeurs de la France : un homme pour qui l'essence de la nation française méritait qu'on se batte et meurt pour elle, car la nation française n'existe pas par le sang d'un peuple mais par les valeurs et par l'idéal républicain (qui fait défaut à l'oligarchie dominante actuelle). Pas forcement un grand film, mais un sujet important à ne pas perdre de vue quand on doit débattre sur "l'identité nationale".
Pareil. Indigènes est un très bon film de guerre qui nous montre comment des hommes se sont battus pour la France sans avoir jamais été acceptés. On voit différent profils : les mercenaires, les imbéciles, les incultes, les rêveurs, les idéalistes, les désabusés. Et tout comme dans le film précédant, on voit que la France est pour certains un symbole qui mérite qu'on le défende. Malgré les brimades, les injustices racistes et tutti quanti, le film ne tombe pas dans le discours primaire anticolonialiste du style "regardez ce que les français ont fait aux maghrébins". Quand je vois ce film, je suis fier de savoir que mon pays est peuplé d'une grande minorité arabe, même si trop souvent on la stigmatise. Bien évidemment, il faudrait être aveugle pour ne pas voir que l'assimilation et l'intégration n'a pas aussi bien marché avec ces français là qu'avec d'autres (les polonais, les italiens, les portugais, les espagnols, les africains, etc) mais ils ont néanmoins un droit légitime à vivre sur le sol national. Le problème, c'est que certaines personnes ont tendance à leur refuser ce droit, d'où les tensions. Pour finir, une scène de combat finale qui me fait encore frémir rien que d'y penser. Surement une des scène de guerre qui m'a le plus traumatisé, par sa simplicité (en comparaison avec la grosse artillerie des films américains). Français, regardez ce film. Il devrait être dans les manuels d'histoire.Les films postérieurs à la seconde guerre mondiale ne traite généralement que de politique ; raison pour laquelle il est difficile d'en faire une sélection. C'est pourquoi je préfère m'arrêter là plutôt que de proposer des films sur mai 68, sur les années 80 et l'apparition du sida dans la société française. Un Biopic sur le général de Gaulle aurait surement été interessant (bien que je n’affectionne que très modérément l'homme et ses idées), mais un jour peut-être le cinéma donnera le jour à un film sur l'histoire proche. Pour le moment, il est difficile de bien traiter l'histoire sans un minimum de recul temporel.
J’espère que ce dossier vous a plu. N’hésitez pas à me proposer des films que j'aurais pu oublier, ce serait un plaisir de faire de nouvelles découvertes.

Vu quelques uns de ces films comme Le hussard sur le toit (mais j'ai préféré le roman), Germinal (franchement bon lorsque je l'ai vu mais c'était il y a des lustres, bien aimé le livre aussi), Joyeux Noël est sympa, se laisse regarder sans problèmes par contre, pour ce qui est de Un long dimanche de fiançailles, celui la, je l'adore et l'ai déjà vu un nombre conséquents de fois. Pour finir, Indigènes est sympa, sans plus selon moi, peut être le sujet qui ne me passionne pas plus que ça ou alors, c'est a cause de Jamel Debbouze, celui-là, je ne le supporte pas du tout ;)
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