Beaucoup sont ceux (et surtout celles) qui se sont intéressés au groupe de rock Dionysos depuis 3 ans grâce au roman La mécanique du coeur de Mathias Malzieu, écrivain et chanteur du groupe. Ce roman a pour particularité d'être l'homonyme d'un album de cette formation dont l'ensemble des chansons forme un tout cohérent, une histoire faite de plein d'histoires et personnages issus du roman. On est presque dans un Emilie Jolie en version adulte. Le roman et album a donc fait son bout de chemin et connu un succès honorable, assez honorable pour être adapté au cinéma par la société de production de Luc Besson. Le film d'animation risque d'envoyer du pâté, et il sortira le 12 octobre 2012. Retenez la date.
Mais moi qui suis fan de Dionysos depuis une bonne dizaine d'année, je suis resté ancré à une époque où l'on n'entendait pas Dionysos à la Radio et où Mathias Malzieu ne passait pas dans les journaux People avec sa compagne Olivia Ruiz. A cette époque, Joann Sfar faisait leurs pochettes d'album (très jolies d'ailleurs) et participait parfois à leurs concerts sans que le grand public du mainstream (ouh les méchants !) ne le connaisse (Gainsbourg a boboïsé Joann Sfar et ça m'énerve). A cette époque, il y avait Monsters in love.

- Giant Jack’s theme
- Giant Jack
- La métamorphose de Mister Chat
- L’homme qui pondait des oeufs
- Broken bird
- Miss Acacia
- Le retour de Bloody Betty
- Mon ombre est personne
- I love Liou
- Lips story in a chocolate river
- Giant John et le sanglophone
- Tes lacets sont des fées
- Old child
- Monsters in love
- Midnight letter
- Neige + I Did Acid With Caroline
La pochette de l'album ne s'éloigne pas d'un pouce de l'esprit du CD : un ensemble de chansons aux connotations fantastiques racontant chacune une petite histoire. Celle d'un géant (Giant Jack) qui aide les personnes en deuil en leur donnant des livres et en leur apprenant à vivre avec leur ombre, celle d'un homme qui taquine une sorcière jusqu'à ce qu'on le transforme en chat, celle d'un homme qui pond des oeufs par amour, celle d'une femme-arbre que l'on aime beaucoup mai qui pique avec ses épines (miss acacia = olivia ruiz)... Bref, il y a deux dominantes majeurs sur cet album très novateur au ton particulier : la première dominante est la mort. Le thème est abordée avec "neige", un certains réalisme y pèse puisqu'elle parle de la souffrance de Mathias Malzieu après avoir perdu sa mère (ce qui lui a permis d'écrire le roman Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, en lien avec cet album et la mécanique du coeur). Et c'est ainsi qu’apparaît le fantastique du géant, de l'oiseau cassé et de l'ombre grandissante. La deuxième dominante de l'album, c'est le conte fantastique peuplé de monstres amoureux de fées. C'est tout un assemblages de petites histoires rigolotes ou tristes, de personnages un peu abstrait qui donne sa couleur à l'album. En quelque sorte, on peut dire que c'est album est une bande dessinée un peu onirique (voire éthylique) qui se marie très bien avec les dessins de Joann Sfar.

Musicalement, cet album est surement un des plus riches puisqu'il apporte une pierre de plus au mur de la musique expérimental tout en abandonnant la fibre électro pour jouer une formation purement instrumentale. On utilise toujours autant l'acoustique tout comme l’électrique, et le groupe s'est approprié certains nouveaux instruments assez loufoques (Aujourd'hui, tout le monde connait bien le Ukulélé, mais rappelez vous 2005, ça semblait très étonnant). Les morceaux vont donc dans un rock triste et puissant mais arrive aussi à toucher certaines mélodies guillerettes, pleines de candeurs et joie. On constate avec "neige" un petit gout pour la variété qui touchera plus tard l'album de la mécanique du coeur, mais rien de très grave.
Dionysos a donc véritablement offert en 2005 un album génial, surement le meilleur pour un petit moment, car c'est le plus riche musicalement, mais c'est surtout le premier qui ait eu un concept d'album-univers. Les albums précédant était en gestations : il y avait peu de cohérence, c'était un assemblage de morceaux et de chansons sans queue ni tête. Monster in love a apporté un univers, une ambiance, une griffe ... et bien plus : une notoriété. Un album "culte" pour moi.
Dionysos, c'est bien.
RépondreSupprimerEt en concert, c'est très dynamique, faut voir le petit Mathias courir partout, grimper sur les structures...
C'est vrai que c'est un vrai spectacle à chaque fois. Et les chansons sont toujours retravaillées de 1001 manières, avec des nouveaux instruments, des nouveaux jeux de scène ... bref, c'est vraiment un concert à voir
RépondreSupprimerJ'ai jamais vraiment accroché avec Dionysos mais je ne connais pas vraiment leurs albums (quand j'étais petit j'étais un Jedi? C'est bien ça? ça date de quelle année ça?)
RépondreSupprimerMais en tout cas, Sfar s'est boboïsé bien avant Gainsbourg, je t'assure!!!