jeudi 24 novembre 2011

Ecce Homo, De F.Nietzsche

Ayant été autrefois en Khâgne, j'ai développé depuis quelques années un gout pour les lettres et sciences humaines modernes et contemporaines. Seul ma procrastination et mon gout pour le "mauvais genre" peuvent expliquer pourquoi je ne lis pas plus de "classiques". Ma lecture de la Brigade Chimérique au début de cette année m'a conduit à me poser plein de questions et à faire quelques recherches réflexives. Nietzsche étant déjà un penseur que j'apprécie, la lecture de l'excellente BD m'a invité (de par son introduction) à le redécouvrir. Oublions Ainsi parlait Zarathoustra qui est à mes yeux assez imbuvable. J'ai trouvé plus interessant et plus drole : Ecce homo. voici l'homme


Ce livre est génial. Car il est tiraillé entre deux feux. D'une part, quand on lit ce texte, on sait d'avance que c'est le dernier de Friedrich. Ecrit à l'automne 1888, l'ouvrage verra son père sombrer dans la folie au tout début de l'année 1889 (année foncièrement steampunk, voire "steammad". C'est toujours marrant de à lire quand on garde cette anecdote dans la tête. Deuxième point : ce livre se veux quasiment révolutionnaire puisqu'il est une sorte de synthèse de l'ensemble de l'oeuvre de Nietzsche. A croire qu'il est devenu fou en essayant de simplifier le message qu'il véhicule dans Zarathoustra ! Mais ce n'est pas qu'une synthèse, c'est aussi une autobiographie ! A l'instar de Jean Jacques Rousseau et de ses fabuleuses confessions (Dieu sait que j'aime Rousseau, j'aime même été lui avant de devenir Von Deck), Nietzsche raconte son enfance, sa jeunesse et fait des parallèles entre ses idées et sa vie. Une autobiographie philosophique synthétisée en une centaine de pages. C'est fou !


Donc Ecce Homo signifie "voici l'homme". L'homme en question, c'est d'une part celui des ses livres, le déicide. Car après le génie de Marx et de son "La religion est l'opium du peuple", on en vient à un radical "Dieu est mort". Voici donc l'homme, celui qui se relève sans Dieu après le crépuscule des idoles. Celui qui a compris la pensée nihiliste (je vous rassure, je n'en n'ai surement pas compris 5%). Et comme disait le vieux Z : "Ce n'est que lorsque vous m'aurez tous renié que je reviendrai parmi vous".
Mais voici l'homme, vous l'aurez compris, c'est aussi Friedrich lui même. Et c'est assez génial la façon dont il offre une "profession de foi" à travers sa vie et sa pensée. L'oeuvre est l'homme ne sont plus distinctes : elles ne forment plus qu'un.


Je ne ferai pas de citations car ce livre en est déjà rempli, mais je vais juste vous présenter quelques titres de chapitres d'Ecce Homo. Vous allez voir qu'on peut rire tout en réfléchissant : "Pourquoi je suis si sage ", "pourquoi je suis si avisé ", "pourquoi j'écris de si bon livres" et enfin "pourquoi je suis un destin". Voyez donc comment l'auteur est tiraillé par son génie et sa folie, et comment son roman est à la fois synthétique et délirante. En donnant un dernier coup de marteau à la morale chrétienne, Mister Moustache 1888 a surement sonné le glas de son intégrité psychique individuelle.


Bref : j'ai lu un Nietzsche ! Je ne peux que conseiller cette lecture tant elle éclaire, tant elle amuse, et tant elle regorge de phrases qui envoient le lecteur vers une myriade d'idées. J'ai passé un très bon moment avec Nietzsche, désormais mon copilote. Le problème, c'est qu'on a beau essayer de philosopher, on ne fait que mal sinterpréter.

3 commentaires:

  1. C'est un truc sur les tapettes ?

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  2. C'est fou, mais je ne m'étais même pas posé la question ...

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  3. LCF, Old World of Globbing25 novembre 2011 22:25

    Ca tombe bien, parce que Je viens de découvrir un petit magasin de livres d'occasions...

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