Avant toute chose, j'aimerais m'excuser pour mon absence répétée. J'ai bien conscience d'être aussi improductif sur le net qu'IRL, et je m'en excuse. A ma décharge, je viens d'être frappé de plein fouet par les tourments incessants du destin : une fois de plus, et en moins d'un an, j'ai assisté à l'enterrement d'une amie de 21 ans. Un an, une promo, deux amies. Pas de condoléances, merci. Par contre, je veux bien de vos jurons. Pour ma part, je resterai classique avec un bon "Putain !".
Pour ce qui est du défi steampunk, j'ai évidemment pris du retard. Pourtant, je sais, c'est pas bien compliqué. Mais promis, ça arrive très vite.
La confusion des sentiments, de Stefan Zweig
Une courte nouvelle avec une histoire ma fois assez simple : Un professeur talentueux au crépuscule de sa vie se remémore l'époque où, étudiant, il vouait un véritable culte à son professeur. Mais parfois, l'amour se confond à l'admiration, et les passions cachées resurgissent souvent dans un malaise certain. Jusqu'à en souffrir, ou jusqu'à en devenir fou.
Cette nouvelle est vraiment bien foutue. Elle nous plonge dans un univers studieux très prenant : celui d'une petite ville centrée sur son université et où le narrateur en dérive débarque un peu à l'improviste. Et c'est là qu'il rencontre son mentor. Un vieil homme passionnant qui parle de toute la beauté, tout le chef d'oeuvre que représente l'oeuvre Shakespearienne . Cet homme est un si remarquable orateur, un professeur si passionnant qu'il envoûte le narrateur en stimulant ses cellules grises. Ainsi naît l'admiration. Etape 1 : done.
Puis, la relation entre les deux personnages évolue : ils se rapprochent, se côtoient de plus en plus, et expérimentente inconsciemment tous les types de relations possibles et inimaginables. Le professeur est il un ami, un collègue, un père, un amant, ou bien juste un professeur ? cette nouvelle a été considérée par l'école freudienne comme un ouvrage très utile permettant au lecteur de considérer un panel de sentiments refoulés et d'actions inconsciente. Le narrateur relate sa jeunesse et explique "Tout d'un coup, je me suis énervé, j'ignore encore pourquoi" ; et le lecteur lui comprend très bien la raison de cette colère. C'est donc très accessible, c'est beau, c'est profond, et j'aime.
Bravo Stef' !

En lisant ces 127 pages, je n'ai pu m’empêcher de penser moi même à ma jeunesse (qui -vous me direz- ne fait que commencer). Il y a quelques années, étant un adolescent passionné, turbulent et dissipé par son intérêt pour les filles et la bière, on m'avait envoyé en pension loin de tout ce que j'aimait. Je détestait tout : c'était une petite ville pourrie de campagne (déprimante comme toute ville reconstruite après 1945), c'était une pension très stricte, très traditionnelle, très bourgeoise, très catholique. J'étais perdu. Mais un jour, j'ai rencontré Monsieur Faivre. Professeur de lettres. Alors que tous les lycéens de ES en avaient pas grand chose à foutre de la littérature, un véritable lien s'est créé entre lui et moi. Moi je lisait à chaque minute de liberté, car c'était mon seul moyen de faire des choix, d'être là où je voulais être. Lui, il jurait avec tout le reste en parlant de sexe, de révolution, d'anti-académisme et des plus grandes diatribes de l'Histoire. Il était à mon esprit ce que le surréalisme est à la poésie : un pilier à la fois stimulant et structurant. Dés qu'au fond de la classe je levais la main, il cessait de suite sa tirade, le temps se figeait, il prenait un air intéressé puis m'écoutait. A la fin de mon intervention (qui n'avait pour but que de le surprendre), il faisait peser dans la salle de longues secondes silencieuses, puis déclarait " Mais c'est génial !" et il se jetait sur le tableau pour schématiser avec empressement l'idée que je venais de donner.
Monsieur Faivre était génial. il doit toujours l'être. J'ai un peu continuer à parler avec lui. C'était un peu un ami. C'était aussi un adulte qui s’intéressait à mes passions, contrairement à mon propre père. Et pourtant, je lui en ai toujours voulu d'être dans ce lycée privée, dans cet institut privé si réactionnaire. Pas lui. Il vaut mieux que ça.
La semaine dernière, en allant enterrer l'amie dont je vous parlait plus haut, j'ai remis les pieds dans cette ville que j'avais quittée il y a plus de 5 ans, alors que je m'étais juré de ne plus jamais y refoutre les pieds. Avant de rentrer chez moi, j'ai tout de même décider de faire un tour dans ce lycée où j'avais tellement souffert mais où j'avais appris la passion des lettres. J'étais déjà bouleversé, et revoir ces murs, ces bâtiments, cette allée de pension m'a renversé. Je souhaitais tant revoir Monsieur Faivre. Mais j'ai fait demi-tour, et je suis parti.
Tout ça me fait aussi beaucoup penser à Crimes à Oxford, un film dont je vous ait déjà parlé avec Elijah Wood (qui mine de rien a quitté son rôle de Frodon Saquet depuis 10 ans). C'est la même chose : la passion de l’élève pour son maître, la concurrence, la confrontation, l’ambiguïté. Et l'environnement aussi : le milieu clos. Je crois que l'on peut aimer quelqu'un uniquement pour son don à nous faire voyager intellectuellement lorsqu'on est enfermé physiquement.Enfin bon, je vais m'arrêter ici, je cros que j'éi déjà exorciser pas mal de choses ^^
LOVD