mercredi 22 février 2012

Les danseurs de Lorgol, chroniques des crépusculaires T2, de Mathieu Gaborit


Après un premier tome (Souffre-jour) qui se termine dans un grand fracas de retournements de situations, de gerbes de sang et de révélations, nous retrouvons le jeune Agone dans de nouvelles aventures, un nouvel endroit, entouré de nouveaux personnages.

Lorgol, cité des mille tours dans le Royaume d’Urguemand. Dans l’ombre, Agone retrouve les traces de son passé. Après avoir soutenu les projets du farfadet Lerschwin, le jeune homme va apprendre la magie dans le plus grand des secrets, grâce aux enseignements du mage nommé Sarne.
Ici : Agone, son cistre, son épée Pénombre,
 en train de manipuler un danseur

La magie dans cet univers est complexe : il y a d’abord les arts magiques. C'est-à-dire que l’ont peu faire de la magie à partir de la pratique particulière d’un art (la musique, la peinture, etc ...). Agone maitrise par exemple l’Accord, la magie liée à la musique qui permet de pénétrer dans les esprits. Mais il faut savoir qu’il y a une école pour chaque instrument : Agone est de l’école du cistre, et celle-ci a ses propres valeurs, des valeurs parfois opposées aux écoles du clavecins, de la flute, etc.
Il existe d’autres arts magiques. Le Decorum par exemple permet à un peintre de modifier un environnement en le peignant.

La deuxième grande catégorie de magie est l’Emprise. L’Emprise est une forme de magie apprise dans les académies du Cryptogramme-Magicien. Ce Cryptogramme-Magicien est une organisation très codifiée qui détient un pouvoir presque politique sur les royaumes de l’Harmonde. Pour pratiquer cette magie, on a besoin des « danseurs », des tous petits êtres visibles uniquement par les initiés, et qui une fois attrapés dansent selon la volonté de leurs maitres magiciens, ce qui ensuite provoque un sort magique.
Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a 3 façon de pratiquer l’Emprise au sein du cryptogramme magicien, et ce sont trois écoles radicalement différentes, avec leurs propres idéologies, leurs propres manières de manipuler les danseurs. Il y a les tout d'abord les jornistes, qui font une magie plutôt blanche, axée sur le curatif et la défensive. Le jornisme considère les danseurs avec respect, comme si c'était une créature sacrée. Ils sont considérés comme des magiciens de bas étages tout juste bons à animer les foires. La deuxième école est celle des Eclipscistes (celle à laquelle est initiée Agone), elle joue sur les faux semblants, manipule et se fait discrète. L'Eclipse créé un lien empathique avec les danseurs. Mais les eclipsictes sont du genre à ne jamais se mouiller totalement, à aller dans le sens du vent, ou à complter (mais c'est finalement le cas de tous le monde). Enfin, il y a l'école des Obscurantistes : ces derniers sont dans une magie puissante, agressive et ravageuse. Pour cela, ils enchainent (au sens magique) leurs danseurs comme des esclave, et sont prêt à les utiliser et les tuer au nom de la puissance offensive. La magie nait ainsi de la douleur (et non plus de l'amour ou de la persuasion). Les obscurantistes ont l'air de méchants, mais ce n'est pas ce qu'ils sont, les obscurantistes sont balaises, sans pitité, et ils font pas de sentiments. bref, c'est pas des tarlouzes, et ils ont trop la classe.
Une couverture assez ratée je trouve

Avec toute la subtilité de l'écriture que l'on connait de Mathieu Gaborit (suggérer plutôt que trop en montrer), ce deuxième roman apporte vraiment de l'eau au moulin du premier : Alors que nous suivions auparavant Agone dans le cheminement qu'il subissait sans tout comprendre, Les danseurs de Lorgol nous offre vraiment la possibilité de comprendre comment fonctionne le monde, et sans qu'il n'y ait qu'une seule ligne directrice, nos yeux de lecteurs se trouvent attirés par un fourmillement d'intrigues, de personnages et de savoirs. La dimension politique s'affermit, les grandes forces et idées qui dominent le monde se dépeignent. Le lecteur appréciera la relation du héros avec son épée capricieuse, Amertime la fée noire en fauteuil roulant, le censeur Arbassin et bien d'autres encore.

On doit cependant regretter quelques lacunes du roman. Tout d'abord, j'ai trouvé cela dommage que les différentes "races" peuplant le monde ne soient pas mieux expliquées et décrites. On en apprend pas mal sur les lutins et les fées noires, mais on ignore encore beaucoup des nains, des ogres, des farfadets et autres créatures. Je conseille à tout le monde d'agrémenter sa lecture de quelques recherches dans le jeu de rôle Agone par le biais du site internet Souffre-Jour. Autre problème selon moi : l'intrigue se passant uniquement dans la ville de Lorgol, on ne voyage pas beaucoup. Et ce qui est dommage, c'est qu'on parle de temps en temps des autres contrées de l'Harmonde sans en savoir grand chose. On a quelques toutes petites informations sur Keshe et la Janrénie, quelques brèves phrases sur la Liturgie et c'est tout. Merde ! A quoi ça sert d'avoir une carte du monde si le roman ne l'exploite pas ?! Enfin, je dois dire que j'ai trouvé une fois de plus la fin du roman un peu trop surfaite : Il y a un grand chambardement d'envergure, et Agone se retrouve par le plus grand des hasards propulsé sous les projecteurs. Selon moi, les choses ont été un peu exagérées.

Mais ce que j'ai vraiment adoré dans ce roman, c'est la part de l'ombre. N'oublions pas que nous suivons un jeune éclipsiste, au centre de nombreuses machinations, complots, traîtrises et vengeance. Il ne lui arrive pas que des bonnes choses, mais il finit toujours par s'en sortir. Et ce qui est génial, c'est que du début à la fin du roman, il change subtilement de position. Tout le monde est un peu connard sur les bords, et c'est pas parce qu'on est des héros qu'on doit forcement véhiculer des valeurs humanistes. D'un certain sens, Agone ne remet pas en cause le système féodal, ni la nomenklatura magicienne. Et de l'autre côté, certains "méchants" sont mus par des intentions foncièrement "bonnes". Mon gros coup de coeur est pour le personnage de Lerschwin, un farfadet qui a des plans bien rodés. Les farfadets sont ainsi : ils aiment convaincre, persuader et manipuler les gens pour leurs propres fins. Sauf que son idéal vaut certainement mieux que celui d'Agone (personnage finalement plein de contradictions et vide de valeurs). Tout repose sur la subtile esquisse de faux-semblants et d'entourloupes bien placées, et c'est certainement l'histoire de l'éclipsiste Lerschwin qui m'a le plus plu. Si Gaborit avait été un auteur banal, c'est surement ce personnage qui aurait été le principal protagoniste. Seulement Mathieu Gaborit est un auteur excellent et unique, et il me le prouve une fois de plus en choisissant la difficulté et la subtilité.


LOVD, qui peut enfin dire "Krépuskulair c d'la bal"

vendredi 17 février 2012

La gazette du steampunk : Bon appétit

Bon alors, qu'est ce qu'on a au menu aujourd'hui ?
Rassurez vous, nous ne faisons plus de technovapeur (dernier immonde clip de David Guetta) ni de Pucellerie-à-rouage (aussi immonde clip de Justine bibeure).
Non, nous avons au menu au article en anglais assez interessant que je conseille à tous les connaisseurs de la sainte chambre des sages de l'engrenage sacré du treizième aéronef apostolique. Jugez par vous même. Il est désormais temps de repenser le steampunk.


En entrée je vous propose un jeu de rôle gratuitement téléchargeable de 12 pages, très simple et sans contrainte : Lady Blackbird. Récemment traduit par Les Ecuries d'Augias, ce jdr vous invite à naviguer sur la chouette, un vaisseau volant sur une mer de nuage. A son bord, Lady Blackbird fuit l'empire et un mariage qu'elle ne veut pas pour retrouver à l'autre bout de la carte son amant, un roi-pirate. Dans ce vaisseau, chaque personnage a ses secrets, ses desseins, son avis. Arriveront ils à bon port ? Pas sur : Un gigantesque navire de guerre de l'Empire s'apprête à vous démasquer... A vous de jouer !








En plat de résistance, je vous propose le troisième plat au menu du chef Bryan Talbot. Une troisième déclinaison de sa fabuleuse créativité. Bête Noire, une enquête de l'inspecteur Lebrock à Grandville (=Paris)
Si vous voulez un peu de formage, je peux vous conseiller d'attendre le 29 mars prochain à la sortie du prochain met raffiné de Thomas Day : Du sel sous les paupières, affiné chez Folio SF. Voici en quelques mots sa texture ...





Saint-Malo, 1922.

Sous la brume de guerre qui recouvre l’Europe depuis la fin de la Grande Guerre, Judicaël, seize ans, tente de gagner sa vie en vendant des illustrés. Mais, pour survivre et subvenir aux besoins de son grand-père, il lui arrive de franchir légèrement les bornes de la légalité. Jusqu’au jour où il rencontre la belle Mädchen. Et lorsque celle-ci disparaîtra, Judicaël fera tout pour la retrouver, en espérant qu’elle n’ait pas croisé la route d’un énigmatique tueur d’enfants surnommé le Rémouleur.

Thomas Day m'avait parlé de ce produit au lait cru, un tantinet steampunk lors d'une décidasse. Apparemment, c'est un roman qui ne devrait pas passer inaperçu (ou alors il n'aurait peut être pas été directement publié en poche)
Enfin, pour ceux qui voudrait un dessert,  vous pouvez dors et déjà lire en anglais le huitième numéro de Steampunk Mag' offert en visionnage et téléchargement par la maison. Moi personnellement, j'ai déjà plus faim ...



mercredi 15 février 2012

Souffre-Jour, Mathieu Gaborit, Chroniques des crépusculaires t1.

Quel plaisir de pouvoir lire le tout premier roman de Mathieu Gaborit, écrit approximativement à mon age ! On dit que la fantasy française s'est réveillée avec cet auteur et ce roman. "on dit", enfin bon, c'est plutôt  les éditeurs qui le disent. C'est comme le fameux couplet de "la nouvelle génération d'auteur français de fantasy". Comme si il y avait des écoles, des castes, des époques ... Je dis Bullshit. Personnellement, je ne lis pas un roman pour la seule et simple raison que c'est un "best-seller" et qu'il a "révolutionné l'imaginaire français". Je ne parle pas de mon édition en particulier. Je dis juste que Mathieu Gaborit est un auteur indépendant et pas le représentant d'un quelconque courant littéraire. En tout cas, c'est ainsi que je l'ai lu.

Bon alors, qu'est ce que ça nous raconte ce roman ? Bah ce qu'il y a sur la quatrième de couverture. hé ben , c'est pas très vendeur tout ça. Un mec qui doit aller à l'école pour faire plaisir à son vieux et qui doit y rester au moins 6 jours ... Il est nul ce bouquin ou quoi ?
Non, il n'est pas nul (bien au contraire), mais rien ne sert de résumer un roman de Gaborit par son histoire et le déroulement des faits. Ce qui est important ici, c'est l'ambiance, les personnages, la façon dont Mathieu Gaborit trouve une explication rationnelle mais sensible à tout ce qu'il y a de plus fantastique. On est donc bel et bien dans un roman de Fantasy avec un personnage principal, Agone, qui est un jeune homme plein d'idéaux progressistes (apprendre à lire aux paysans d'un royaume féodal, faut avoir quelque chose dans le pantalon ou bien rien dans le ciboulot). Agone est le fils du Baron de Rocheronde, une des baronnie les plus importante du royaume d'Urguemand. Sauf qu'il a dit "Fck" à l'héritage de son père pour des raisons qu'on ignore encore vraiment. Ce que l'on sait, c'est que pour respecter les dernières volontés de son père, il va devoir se rendre au collège de Souffre-jour où son destin sera mis à l'épreuve. Tiendra t'il 6 jours ?



Impossible de raconter vraiment ce tome, il fait lui même office d'introduction d'un monde complexe que Mathieu Gaborit prendra tout le temps d'expliquer plus tard. Ainsi, ce premier roman de la trilogie ne passe pas son temps à nous parler géopolitique, races fantastiques ou magie : Ce début de l'histoire est foncièrement centrée sur Agone, et sur qui il est véritablement. On est loin de la fantasy avec un adolescent élu, prophète, sauveur héroïque de la Terre. Loin de là : Le personnage évolue, il prend des décisions qui sont parfois pas très bonnes, parfois même assez mauvaises. Et a travers ses yeux (c'est écrit à la première personne), on découvre qui il est et ce qu'il fait vraiment là.

Personnellement, j'ai trouvé ça dommage que le roman reste un peu en huis clos dans ce collège alors que finalement le premier roman représente une durée de temps très courte : pas le temps d'approfondir la personnalité d'autres élèves, ni même trop celles des personnages secondaires (pourtant pas si secondaires que ça). C'est peut être un peu la limite de ce roman : trop centré sur les états d'âme et les interrogation du héros, et pas assez d'informations sur le souffre-jour, son dirigeant, l'Accord, les fées noires, Pénombre, les éminences grises, etc ... La fin du roman est toutefois forte en café, et ça vous donne envie de lire directement le deuxième roman (Les danseurs de Lorgol).

Bon, en définitive, je crois que ce roman est assez inchroniquable. Alors que pourtant j'ai adoré le lire. Mais j'ai l'impression que si j’essayais d'en dire du bien, vous n'en retiendrez que du mal.  Mais tant pis, je me rattraperai lorsque je vous parlerai du deuxième tome de la trilogie !

lundi 13 février 2012

Les chroniques des crépusculaires, de Mathieu Gaborit

Dés demain, vous pourrez lire sur ce blog mon avis concernant chacun des trois romans composant les Chroniques des Crépusculaires, le tout premier cycle de fantasy écrit par Mathieu Gaborit (qu'on ne présentera plus et dont mon amour n'est plus à cacher). J'ai lu ce roman au sein de la grande intégrale publiée chez Mnemos sous le titre de Les Royaumes Crépusculaires. La deuxième partie de ce magnifique pavé est consacré au cycle d'Abyme, que j'aurai l'occasion de lire ultérieurement à l'aide de mon Guide de la cité des ombres.

Je tiens à dire que j'ai une super décidasse trop de la balle sur mon beau livre, et je n'en suis pas peu fier.

Les chroniques des crépusculaires

    




 Souffre-jour : Où Agone de Rocheronde, héritier renégat d'une Baronnie d'Urguemand va devoir passer 6 jours dans l'étrange collège de Souffre-Jour. Tout ça parce que Papa a décidé de l'emmerder jusqu'au bout. Saura t'il préserver son idéalisme, son passé et sa véritable nature ?

Les danseurs de Lorgol : La cité aux mille tours de Lorgol est désormais la nouvelle demeure d'Agone. Après son passage mouvementé au Souffre-Jour, il va désormais se dédier à la découverte de la magie, comprendre le fonctionnement du cryptogramme magicien et l'usage des danseurs. Mais tout ne va pas forcement se passer comme prévu. Heureusement qu'Amertine et Pénombre sont là pour veiller sur lui. 

 Agone : Rien ne va plus ! C'est la guerre, notre héros se retrouve dans le maquis face aux armées ingénieuses de Janrénie, fanatiques de Liturgie et véloces de Kesh. Son espérance de vie n'est pas bien élevée. D'autant plus qu'on ne sait jamais trop de qui il faudrait se méfier. Et pourtant, il reste peut être un espoir




mardi 7 février 2012

Chronique du soupir, de Mathieu Gaborit

[Edit : Ne vous méprenez pas à la lecture de ma critique, car j'ai été renversé par ce livre. Mais pas comme vous pouvez le penser]


Il est temps pour moi de donner mon avis sur Chronique du soupir, le dernier roman de Mathieu Gaborit. Non seulement parce que je l'ai lu il y a au moins 3 mois, et aussi parce que c'est en ce moment même le Mois Gaborit chez Bookenstock, super blog grâce auquel j'avais d'ailleurs pu recevoir le roman édité chez le prè au clerc.




Donner mon avis sera difficile. Tout d'abord parce que toute la blogosphère l'a fait avant moi, mais aussi parce que je n'ai plus ce roman très distinctement en mémoire.Enfin, parce que j'ai bu plus que de raison.


laissez moi tout de même tenter une petite approche du roman : Nous sommes dans un monde ui n'a rien à voir avec les royaumes crépusculaires, rien à voir avec Abyme, encore moins avec Bohème, et j'imagine pas grand chose à voir avec les chroniques des féals. Ce monde, mathieu ne l'a pas dessiné sur une carte. Il n'en a pas tracé les grandes lois, les grandes règles. Il l'a peu à peu écrit au fil de la plume, en luttant constamment contre son penchant à l'autocensure et à la remise en question. Il s'est laissé bercé par sa plume, par son instinct, par ses personnages.


On suit donc dans ce roman un personnage en particulier : Lilas, une naine tenant une auberge après une carrière de gardienne, ressentant encore la mort (ou plutot "l'ancrage") de son défunt mari et ayant pris pour amant un elfe. Elle est n'est déjà plus une jeune naine et ses trois enfants sont chacun partis de leurs côtés. Jusqu'au jour où un de ses fils revient, poursuivi par des gardes, et tenant dans ses bras une jeune fille mystérieuse : Brune. Lilas ne cesse de faire des remontrances à son fils quand à cette fille qui ne lui inspire pas confiance, mais son fils Saule reste sur ses positions : le lien entre cette fille est lui est noué, il n'est plu possible de faire demi tour. C'est trop tard. Et notre héroïne va l'accepter. Et de par le lien viscéral qui la relie à son fils, elle va tout faire pour le préserver. Jusqu'à combattre à mort. Car l'amour d'une mère pour son fils n'a pas de limites. Ensemble, et avec leurs amis, il vont fuir, se battre, et nous faire découvrir la vraie nature du monde.


Ce monde, Mathieu Gaborit nous le décrit avec l'authenticité qui est la sienne.On ne se repère pas dans le temps ni dans l'espace, on se repère avec la fibre sensible qu'il  nous dévoile : le souffle. Le souffle est ce qu'on pourrait appeler vulgairement la "magie" qui nourrit ce monde. Il est créé par la présence des fées au sein même du coeur de chaque individu; reliant ceux ci aux lignes-vies, une sorte de grande toile universelle régie par la haute fée depuis un évènement malheureux où les êtres vivants ont failli faire sombrer le monde. Et depuis ce temps là, le "soupir" dont dépend la survie des gens a emprisonné hommes, nains, elfes et sirènes, puisque leurs vies sont intimement liées au champs féérique qui les dépasse. Ce roman raconte (peut être) comment on a pu s'en émanciper.


Voilà. Je crois que ce que je viens de dire ne signifiera rien aux yeux de mes lecteurs, tellement il est impossible d'expliquer. Le roman de Mathieu est suffisamment court pour qu'on se passe de quatrième de couverture et de résumés pourris écrits par des branleurs de blogueurs complètements inconscients. Il n'y a que très peu de plumes françaises qui soient si accessibles et en même temps si complexes. Non pas par la forme, mais par le fond.


Mathieu s'est désormais lancé dans une écriture sèche, simple et rapide, écrite au présent et avec des phrases courtes. Et pourtant, c'est surement le roman le plus poétique écrit jusqu'à maintenant. D'ailleurs, tout le monde lui fait cette remarque à propos de la poésie. Pourquoi ? Tout simplement parce que Mathieu a développé le sensible à fond les manettes, en utilisant sa méthode d'écriture qui est faire découvrir un monde par le détail (ne pas entendre précision mais au contraire particularité), se laisser dicter la plume par l'évolution de ses personnages, et enfin sortir des sentiers battus et s'approprier sans vergogne son propre imaginaire.


J'ai aimé l'écriture à vif, la sensualité, la brutalité et les sentiments qui se dégagent de son travail. Car oui, c'est du travail. C'est quelque chose de nouveau, d'authentique, une nouvelle forme de fantasy plus adulte et je crois que c'est pour cela que le roman a été aussi apprécié par les lecteurs. 


Mais malheureusement ça ne suffit pas pour faire de ce livre un must have. Certains disent que la fin est décevante, je pense quant à moi qu'elle est bâclée. Il fallait trouver une manière d'en finir avec l'écriture de ce livre, et Mathieu a trouvé quelque chose d'intelligent qui ferait bien l'affaire. Je le comprends, et je comprends pourquoi il a eut autant de mal à écrire ce roman après tant d'années. Pour tout vous dire, chronique du soupir est le roman d'un écorché. Et finir ce livre a du être un véritable calvaire. Car ce roman n'est qu'une introduction, le prémisse effleuré d'un monde. Mais nous n'auront surement jamais de suite. Tant mieux pour l'auteur, tant pis pour nous. Nous sommes intrigués, lui doit être soulagé.


Ce roman, je ne peux donc ni le conseiller, ni le déconseiller. C'est quelque chose d'intime et de sensible, et on ne peut pas utiliser les critères habituels pour juger de la qualité de l'oeuvre. Personnellement, je n'ai pas aimé Chronique du soupir en tant que roman de fantasy : c'est trop court, trop basique, trop liminaire. 


Mais pourtant, je ne regrette pas de l'avoir lu. Au contraire. J'ai aimé tous les romans que j'ai lu de Gaborit, et je crois que j'aime vraiment beaucoup cet auteur, mais ce que j'ai lu n'étais pas un roman. C'était une thérapie déguisée. Une confession pleine de fiel et de mal-être. Un roman qui n'était peut être qu'un prétexte pour sortir des choses enfermées au fond de l'auteur. Je me trompe peut être carrément, mais l'impression que j'ai eu à la lecture, c'est que ce livre était une manière de se dévoiler tout en restant couvert par l'habillage "médiéval fantastique". En tout cas, ce que j'ai ressenti à la lecture n'a peut être rien à voir avec la vérité de l'auteur, mais en tout cas, j'ai l'impression de ne pas être rentré dans une histoire imaginaire mais plutôt dans l'esprit d'un homme.


Alors non : pas un super roman, mais une fabuleuse experience pour Orkan von Deck

dimanche 5 février 2012

Le Mois Gaborit chez Book en Stock

Vous devez le savoir, il y a 4 choses que j'aime dans la vie. La leffe, le steampunk, Rosita, le sexe et Mathieu Gaborit. Oui, je sais, ça fait 5. Bon ben je vais enlever le sexe.

Or, Phooka et Dup organisent sur Bookenstock le Mois Mathieu Gaborit ! Un mois entier à poser des questions à l'auteur, savoir comment, pourquoi il écrit et essayer de percer son cerveau complexe et tortueux pour y extraire la matière première : la création imaginaire. Autant vous dire qu'en Février, je me fais déjà plaisir !

A contre-courants va donc parler un peu plus de Mathieu Gaborit dans les jours à venir. Vous aurez demain ou après demain une critique de Chronique du soupir, le dernier roman en date que j'ai lu il y a deux ou trois mois et qui a fait pas mal de bruit sur la toile. Puis je chroniquerai les Chroniques des Crépusculaires que je suis en train de lire actuellement (Je viens de terminer le deuxième des trois livres qui composent ce cycle). Pour faire comme Dup, je ferai un article pour chacun des trois romans et non pas pour l'ensemble du cycle (chose que je comptais faire à la base.

vendredi 3 février 2012

Calendrier 2012 Mucha

Qui est le chanceux qui s'est trouvé (après des années de recherche) un calendrier 2012 grand format des affiches Art Nouveau d'Alfons Mucha ?



Devinette : Connaissez vous un type qui est obligé de faire un prélèvement sur son livret d'épargne pour s'acheter des pâtes , et qui 3 jours plus tard s'achète La machine à différences de Gibson et Sterling en grand format à 23 € ?

jeudi 2 février 2012

la gazette du steampunk : Morgan G

Petites nouveautés autour du Steampunk : Je tiens à vous présenter un militant, amoureux, bibliophile et amateur comme moi de Steampunk, Morgan G aussi connu sous le pseudonyme de Mister Morg.


Outre ma sympathie pour cet homme fort charmant, je dois reconnaître mon admiration pour son activité intense : il rencontre les gens, il discute, il écrit, il organise. Bref, le mouvement steampunk français lui doit beaucoup. Vous le retrouverez (régulièrement j’espère) sur son blog Vapeur Brouillon.


Morgan G, par Mathieu
Il est tout d'abord le créateur, le maître des lieux et le journaliste de Frenchsteampunk, le principal site internet de notre mouvement. Il y développe tout : la culture, l’évènementiel, la musique, la littérature. Des interview, des comptes rendus, bref un incontournable. C'est un plaisir d'autant plus que Morgan et moi semblont avoir plein de points communs à propos de notre conception du steampunk. Normal, nous sommes tous deux des littérateurs !


Il a récemment été invité à présenter le Steampunk lors d'un rendez vous à Lille retransmis sur internet par le biais du Podcast "Pov'cast". Vous pouvez l'écouter à partir de la 44 ème minute du 7 ème épisode. Je vous préviens : ça parle dans tous les sens, il y a plein de musique derrière, et Morgan a parfois du mal à en placer une tellement tout le monde déconne ! Mais le principal, c'est qu'il explique parfaitement et simplement ce qu'est le steampunk à des béotiens.


Il a contribué à l’élaboration de Retro-futur ! Demain s'est déjà produit, un ouvrage collectif dirigé par Raphael Colson et édité par Les Moutons Électriques. Soyez patient chers amis, vous ne pourrez pas vous le procurer avant le 24 février prochain ! Moi, je sens que je vais être comblé. Cet essai est dans la continuité du génialissime Steampunk ! L'esthétique rétro-futur du non moins génial Etienne Barillier (lui aussi collaborateur du présent essai).




Quant à moi, quelques petites news : je rappelle que j'ai écrit un article pour "Lire au lycée professionnel" sur le steampunk et l'univers urbain. Je serai aussi prochainement interviewé par Elise/Frieda Morgenstern dans le prochain numéro de Litté Mag' ! Merci à elle !
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